RECOMPOSITION DE LA CENI : De quoi se mêle le RPG-arc-en-ciel ?

7-9-2015 News Kababachir
A la faveur de la signature de l’accord politique inter-guinéen, du 20 août dernier, tout le monde s’était engagé à faire en sorte que les termes du document soient respectés. Malheureusement, ce n’est pas ainsi que les choses se présentent sur le terrain. Des blocages sont ça et là édifiés. Jusqu’ici, on a plus ou moins de mal à identifier les responsables de ces atermoiements. Le ministre de la justice, par ailleurs président du cadre de dialogue inter-guinéen, avait nommément cité l’ancien premier ministre et président du Parti de l’espoir pour le développement national (PEDN), Lansana Kouyaté, comme un des fauteurs de trouble. Eh bien, la mouvance présidentielle vient de se révéler comme étant l’autre obstacle à la mise en œuvre de l’accord politique. En effet, par le biais de Saramandy Touré, le secrétaire permanent du parti au pouvoir, la tendance soutenant le président Alpha Condé vient en effet de récuser Hadja Ramatoulaye Bah, un des deux éléments que l’opposition avait désignés pour recomposer la Commission électorale nationale indépendante (CENI).

La requête, des plus formelles, a été adressée à Me Cheick Sako, le président du cadre de dialogue inter-guinéen. S’estimant faire l’objet d’un « acharnement et d’une haine viscérale » de la part de l’ancienne ministre, la mouvance présidentielle souhaite qu’elle remplacée. Même s’il n’aura pas réussi, au micro de nos confrères d’Espace FM, d’apporter les preuves étayant les griefs a à l’encontre de la dame, Saramandy Touré a tout de même réitéré le fait que la confirmation de Hadja Ramatoulaye Bah serait une épine dans la mise en œuvre de l’accord politique.

De toute évidence, cette démarche s’apparente à une astuce dont l’objectif serait de retarder le processus de mise en œuvre de l’accord. A quelle fin ? Difficile à dire. Mais on a du mal à s’expliquer autrement les raisons qui motivent les exigences du camp présidentiel. Parce qu’il n’est surtout pas de son droit de donner son quitus pour la désignation des commissaires devant représenter l’opposition au sein de la CENI. Cela relève d’une cuisine interne à cette opposition. Par ailleurs, aussi viscérale que peut être la haine que voue dame Ramatoulaye au RPG-arc-en-ciel, elle ne peut à elle seule, influencer les décisions de l’instance en charge de l’organisation des élections. Même si elle déteste le pouvoir actuel et ceux qui le soutiennent, elle ne pourra le nuire que par le biais d’arguments que les 10 représentants du pouvoir auront le loisir d’apprécier et à propos desquels, ils seront appelés à se prononcer.

Les arguments avancés par la mouvance ne sont donc pas recevables. Et son exigence, elle, s’apparente davantage à de la provocation. C’est comme si elle cherchait à divertir les acteurs et le processus.

Anna Diakité, www.kababachir.com



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