CONAKRY : concertation des acteurs du secteur industriel

15-9-2020 News Le Djely

Un cadre de concertation entre le gouvernement, représenté par le ministre de l’Industrie et des Petites et moyennes entreprises, et les acteurs du secteur industriel s’est tenu ce mardi dans la capitale guinéenne. Initié par le ministère de l’Industrie et des Petites et Moyennes entreprises, ce cadre d’échanges  a permis  aux industriels  d’étaler devant le ministre Tibou Kamara les difficultés auxquelles ils sont confrontés, notamment le transport, la formation des ouvriers et la prise en compte du contenu local, et de proposer l’élargissement de ce type de rencontre à d’autres départements ministériels.


Durant cette rencontre, les discussions ont porté sur l’accès à l’énergie, la logistique, la protection de l’environnement (gestion des déchets industriels), le renforcement des capacités, les zones industrielles, le financement des entreprises, les réformes en cours du Code des investissements, les directives réagissant le fonctionnement des activités industrielles, etc.


Prenant la parole, Eric Benjamin Colle, DGA de Topaz Guinée,  a énuméré quelques difficultés auxquelles les industriels sont confrontées. « Les entreprises, notamment les industriels, ont des difficultés. La difficulté majeure au niveau des entreprises industrielles aujourd’hui, c’est le problème de transport. Déjà, il y a l’engorgement du port. Un camion ne peut pas faire deux voyages aujourd’hui de Madina au port de Conakry. Il se trouve que nous avons des unités en haute banlieue de Conakry et il est difficile de circuler. Ce qui augmente le coût de production, à  plus forte raison quand vous avez des marchandises à déposer à l’intérieur du pays. L’autre inquiétude, c’est que bientôt nous allons rentrer dans la zone de libres échanges continentale, Cela veut dire que ce sont les entreprises les mieux portantes qui vont continuer à survivre. Or, les coûts de facteur de production sont tellement élevés chez nous, les coûts de l’électricité sur le secteur  industriel, et même  sur le coût de transports…. Nous souhaiterions qu’une  équipe du secteur industriel et les cadres du ministère de l’Industrie se réunissent pour examiner chaque point de compétitivité afin de nous permettre de voir comment améliorer la compétitivité de nos entreprises », a-t-il souhaité.


Jacques  Thea, le président de la Fédération patronale de l’Hôtellerie, a attiré l’attention du ministre Tibou Kamara sur les difficultés des hôteliers par rapport au manque de clients mais aussi sur la fermeture des motels et auberges, alors que le décret du président relatif à l’instauration de l’état d’urgence sanitaire ne mentionne pas cela.


D’autres difficultés auxquelles les industriels sont confrontés, c’est la qualification des ouvriers. Ils encouragent la formation professionnelle notamment des ouvriers, et la promotion du contenu local. « Je vous demande une attention particulière sur le contenu local… La formation des jeunes ouvriers sur les machines ou équipements de dernière génération est également primordiale. Nous sommes  décidés à  nous industrialisés, nous sommes décidés à acheter des machines pour être compétitives auprès de nos homologues de la sous-région. Mais il faudrait que nous puissions avoir des jeunes chez nous bien formés que nous pouvons payer au lieu de continuer toujours à payer la main d’oeuvre extérieure qui nous coûte excessivement cher…», a alerté Juliette Claire Camara Touré, la présidente d’une entreprise de la place.


Elhadj Saliou Diallo, le patron de la société Sonoco a de son coté indiqué : « Nous les industriels, on a beaucoup de difficultés. Aujourd’hui, à  part les difficultés qu’on est en train de voir sur le terrain, de la façon dont on importe les matières premières, c’est de la même manière qu’on importe des gens qui vont nous aider à faire tourner notre industrie…»


En réponse à  tous ces problèmes soulevés, le ministre Tibou Camara a déclaré : « Tous les problèmes qui ont été soulevés ici sont des problèmes qui sont connus de tous et qui remontent à de nombreuses années. Les problèmes qui ont été soulevés sont spécifiques à notre pays pour certains,  et communs à tous les pays en voie d’industrialisation comme la Guinée pour d’autres…. Je suis d’accord qu’il faut élargir la rencontre à d’autres ministères, mais il est important que nous nous rencontrions d’abord en fonction de la nature des problèmes, de l’ampleur des défis, que nous regardions comment il était possible d’élargir en fonction bien sûr des constats qui ont été fait, la concertation à d’autres ministères. (…) Je prends note de l’adéquation entre la formation et l’emploi. Le contenu local, c’est un concept cher au président de la République et vous également d’ailleurs, car il faut que la richesse nationale et la prospérité de notre pays profitent d’abord aux Guinéens et essaye de contribuer à la réduction de la pauvreté dans notre pays et à un partage équitable de la prospérité donc la première condition de l’application du contenu local, c’est de former les Guinéens, c’est de former les entreprises à être compétitives. C’est pourquoi au niveau de mon département avec le concours des partenaires au développement, nous essayons de travailler énormément sur le renforcement des capacités…»


Par ailleurs, le ministre Tibou Kamara a rassuré les industriels que « notre volonté c’est de travailler à mettre à niveau vos industries. C’est pourquoi d’ailleurs nous avons initié ce cadre de concertation. Les résolutions et les recommandations qui seront issues de vos débats seront pratiquement une lueur de mission pour  le ministère et nous nous ferons un devoir d’être vos interprètes aussi bien au sein du gouvernement, auprès du Premier ministre et l’ultime décision auprès du président de la République qui puisse vous accompagner. Mais pour vous accompagner, il faut que vous soyez organisés, parler d’une même voix… Je pense que vous et nous, nous avons le même objectif, c’est d’industrialiser le pays, c’est d’avoir des entreprises compétitivités solides dont la résilience peut résister à n’importe quelle pandémie, tempête économique. Donc, je voudrais vous rassurer que nous sommes disposés à vous écouter et nous sommes ouverts à vous entendre et nous sommes déterminés à agir avec vous pour changer les conditions dans lesquelles vous évoluer et probablement à améliorer le climat des affaires et à créer un secteur privé attractif et qui soit exportable en dehors  de nos frontières. En tout cas, la volonté politique ne fait pas défaut, mais je vous dirais que vous aussi vous avez un effort interne à faire aussi bien du point de vue de l’organisation, et du point de vue de l’ambition de bâtir de véritable entreprise, pas que des unités de fabrique pour des entreprises qui ne peuvent pas aller au delà de nos frontières…», a-t-il conclu.


Balla Yombouno


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