Tabaski 2020 : Une fête sur fond de surenchères !

2-8-2020 Culture ActuConakry

Il y a plus d’une décennie, les denrées alimentaires de première nécessité n’avaient jamais connu une surenchère telle que celle de 2020. Toutes les denrées alimentaires, du sac de farine au sachet de sucre. Du sac de riz de 50kg au grain de piment en passant le poulet vivant et la viande.





Dans un passé récent, c’est l’autorité de compétence qui donnait le ton en fixant un prix relativement abordable. Mais, cette année, c’est le motus complet. Alors que les citadins de Conakry sont sous confinement suite à l’existence du COVID-19.





Concernant ces prix, ceux du kilo de viande a totalement grimpé. Allant de 35.000 GNF à 80.000 GNF et le poulet vivant entre 60.000 GNF, 70.000 GNF et 80.000 GNF. Le poulet mort en carton, lui, se proposait à 35.000 GNF alors que l’ancien coût se fixait à 25.000 GNF ou 20.000 selon la grosseur.





Les habits d’enfants emballés dans du plastic ou en vrac, en complet ou en robe se fixaient entre 80.000 GNF et 100.000 GNF. Ajoutées à cela les paires de chaussures chinetoques, il y a vraiment de quoi déboursé. Mais que faut-il faire si l’autorité de compétence s’en lave les mains.





La fête de Tabaski communément appelée celle des moutons, a désormais perdu et son sens religieux et son sens culturel. Car, le prix du mouton est imbattable. Il variait entre 3 millions à deux millions cinq cent mille. Celui du petit bœuf qui n’a jamais eu la chance d’être mieux allaité, se fixait inlassablement et sans la moindre discussion à 7 millions de GNF.





Pour pouvoir se le procurer, 10 personnes sont obligées de faire une cotisation en vue de se rafler cet aliment précieux. Immolé, l’animal est dépiécé, charcuté, morcelé et partagé entre les larrons qui le consomment jusqu’à la boue. Rien ne s’en sort. Même la peau.





Il faudrait que les gestionnaires du pouvoir de l’État arrivent à contrôler ou à homologuer les prix. A défaut, procéder à la commande circonstancielle au niveau de certains pays limitrophes où le coût du bétail à la commande et à l’importation pourrait être encore mieux abordable. Sinon, les opérateurs économiques guinéens ne finiront jamais de sécher leurs potentiels clients. Surtout lorsqu’ils tentent d’asphyxier ou d’énerver les populations contre le pouvoir en place par quelque manière que ce soit. Et quant au respect des mesures barrières, elles restent violées partout à Conakry. Même dans les véhicules de transport urbain de personnes. Où les automobilistes surchargent à bloc leurs engins au nez et à la barbe des agents de la police routière.





Alors, il revient encore et toujours aux décideurs politiques de l’État de mettre sa vigilance à l’épreuve pour corriger ces tares. A défaut, octroyer chaque fois le marché d’importation de bétail étranger à un opérateur économique, même étranger. Pour que le citoyen en âge d’immoler un sacrifice pour la fête de Tabaski, puissent accomplir ce serment religieux.





Abbas Aziz


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