Mélenchon ou la dictature à géométrie variable (Ibrahim Konaté)

12-2-2020 Opinion Guinee7

Et voilà qu’un
autre est tombé dans le piège de la victimisation de Cellou Dalein Diallo. Rien
d’autre que Jean-Luc Mélenchon en personne, Président de ‘’La France Insoumise’’  (LFI), héros de la lutte antisystème,
gauchiste, progressiste et populiste de talent. Un Etat africain très peu
connu, des raccourcis faciles sur la démocratie « à l’africaine », une cause
avec un slogan qui sonne, des victimes innocentes, un Président en fin de
mandat présenté comme allié des socialistes. Quoi de plus tentant actuellement
pour ce politicien aguerri mais en mal d’audience ? Sa popularité a en effet
chuté de 14 points en l’espace de deux ans. Alors que 42 % des Français avaient
une bonne opinion de lui en septembre 2017, ils n’étaient plus que 28 % fin
2019. Pire, selon un sondage Odoxa du 19 septembre 2019, le leader de La France
Insoumise est jugé agressif à 73 %, pas sympathique à 72 % et pas honnête (à 71
%).





Humilié par la
Justice française qui vient de le condamner le 9 décembre dernier à trois mois
de prison avec sursis et 8 000 euros d’amende pour « actes d’intimidation
envers un magistrat et un dépositaire de l’autorité publique, rébellion et
provocation », Mélenchon, ce repris de justice, fait feu de tout bois et estime
probablement qu’entre autres, une cause à forte « valeur ajoutée émotionnelle »
peut lui donner une nouvelle visibilité.





Il est évident que
tous ceux qui font de la Facebook-gouvernance et qui n’aiment pas le discours
direct et indépendant d’Alpha Condé sont de parfaits pigeons pour la campagne
de communication savamment huilée de Cellou Dalein Diallo et ses alliés.





Ceci étant dit,
faut-il vraiment s’offusquer de la prise de position de quelqu’un dont les
militants se séparent les uns après les autres en déclarant : « Comment peuvent-ils plaider sans relâche
pour une vraie démocratie en France, eux qui organisent LFI comme une dictature
? Jean-Luc Mélenchon, lui, gouverne LFI en autocrate »
(Thomas Guénolé,
ancien candidat sur la liste de La France Insoumise). Voilà la vraie question :
Jean-Luc Mélenchon est-il légitime à qualifier un régime de dictature ?





Le 2 juillet 2018,
il affirmait : « Il n’y a pas de dérive
autoritaire au Venezuela, mais une lutte rendue explosive par les États-Unis et
l’extrême droite locale. »
. Cet engagement en faveur des dictateurs
sud-américains ne date pas d’aujourd’hui. Concernant Cuba, en janvier 2011,
Mélenchon déclarait déjà sur France Inter que : « Dans le contexte de l’Amérique du Sud, je ne suis pas d’accord pour
qualifier Cuba de dictature et je salue la contribution de Cuba socialiste à la
lutte des peuples ».
Ce même Mélenchon qui trois ans auparavant prenait
fait et cause pour la Chine contre le Tibet et son Dalaï-Lama en assumant que « les évènements du Tibet sont un prétexte.
Un prétexte entièrement construit à l’usage d’un public conditionné par la
répétition d’images qui visent à créer de l’évidence davantage que de la
réflexion ».
Etrange réflexion qui rappelle le matraquage médiatique contre
Alpha Condé et qui aurait dû mettre la puce à l’oreille de Mélenchon.





Ainsi, pour le
leader de La France Insoumise, Cuba n’est pas une dictature, il n’y a pas de
dérive autoritaire au Venezuela, l’ex-président équatorien Rafael Correa est
une victime innocente et les médias s’apitoient sur le Tibet pour rien.
Moralité, en attendant qu’il retrouve sa capacité de discernement, mieux vaut
ne pas bénéficier du soutien de Jean-Luc Mélenchon.





Ibrahim
Konaté





Toulouse


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