Kankan : Prévention contre les IST/SIDA : Les travailleuses de sexe sont à la merci des infections !

8-12-2019 News Kababachir





La prostitution, un dynamisme consistant à faire des relations sexuelles contre une rémunération, est majoritairement exercée à Kankan par des jeunes filles très souvent adolescentes. Selon une enquête de l’organisation Mondiale de la Santé, les femmes et filles travailleuses ou professionnels du sexe (TS), constituent la population à plus de risque d’infection au VIH dans les villes. Aussi, un constat fait sur le terrain, en cette période de fin d’année a révélé que, l’utilisation du préservatif de même que le dépistage et le traitement des infections sexuellement transmissibles (IST) ne sont pas de rigueur chez les citoyens lambda du Nabaya, et en particulier chez les professionnels de sexe. Pour en savoir plus, voici un reportage réalisé par notre correspondant sur place.





D’abord, elles (Travailleuses de sexe)
acceptent d’aller sans capote, à condition que le prix grimpe…





24 heures passé de quelques minutes dans la
cour d’un  des motels les plus huppés de Kankan, situé dans le quartier Briqueterie.
Dans une tenue adaptée à la règle du jeu, T B âgée d’une vingtaine d’années,
avance vers son client du soir, un homme de la trentaine et l’invite à avoir un
petit moment de plaisir sexuel.





En répliquant, l’homme lui propose, d’en discuter
autour d’un verre. Tout au long de la négociation elle assure qu’elle ne fait
jamais l’amour à un homme sans préservatifs.





« C’est dangereux, je risque de choper des maladies répugnantes, c’est pourquoi j’exige toujours le condom ». se défend-t-elle.





Cependant, en répliquant, l’homme lui propose de
payer le triple de la somme fixée (30.000 GNF). Elle change instinctivement de
ton et accepte le deal.





« De toute façon, les clients de Kankan, n’aiment
pas utiliser le condom. Donc pour ne pas m’en sortir bredouille, je suis obligé
de faire comme toutes les autres. Accepter de faire simple. Mais ils faut pour
cela que tu me paye chère ». rétorqua-t-elle.





Pourquoi beaucoup de clients préfèrent
tripler le prix, que d’utiliser le condom ?





Ce client ressortissant de la ville de N’Nzérékoré,
chauffeur de profession dont nous préférons garder l’identité, en réponse à
cette question, nous a fait comprendre que la capote entrave le plaisir sexuel.





« Avec la capote, c’est comme si c’était plus
naturelle. Le plaisir diminue et il arrive des moments ou tu ressens des
douleurs au niveau du pénis en plein érection. Si tu ne fais pas attention,
cela peut même de donner de la stérilité ». Assure-t-il.





La plupart de ces filles travailleuses de sexe (TS) ne connaissent pas leurs statuts sérologiques et ne fréquentent quasiment pas les centre de traitement pour prévenir en elle les MST…





A quelques enjambées de là, dans un autre motel de la place dénommé le ‘’le ciel’’, rencontre avec S T, déléguée par ses camarades, pour dialoguer. Cette autre adolescente travailleuse de sexe (TS), en provenance de Conakry, nous garantie devant sa petite chambre d’accueil, qu’en presque deux ans d’expérience dans ce métier à Kankan, ses camarades et elle, ne fréquentent aucun centre de santé pour des questions d’MST/VIH Sida ou encore moins de dépistage. Selon elle, cela devrait relever des obligations de son employeur. C’est-à-dire le propriétaire du motel.





« C’est quand j’étais à Conakry, que nous partions en groupe faire nos examens au centre de santé de ‘’Concasseur’’. C’est notre patronne elle-même qui s’engageait pour ça. Mais ici ce ne pas du tout le cas. Les responsables des bars pour qui nous travaillons, ne prennent pas leurs responsabilités pour ça. Et c’est le terrain qui commande »conclut-elle.









Nous nous sommes aussi rendus du côté du service
régional de dépistage et de traitement des infections sexuelles. D’après la
responsable dudit centre, Dr Sampou Mamy, il n’y a pas que le cas particulier
des professionnels de sexe. Les citoyens de Kankan d’après elle, pris dans leur
ensemble, à cause de la peur et des préjugés, n’accorderait pas assez d’intérêt
à leur bien-être sexuel.





« Les gens ont peur de venir vers les structures
pour se faire dépister ou pour aborder des questions de santé sexuelle
notamment le VIH/SIDA, la Syphilis etc. C’est quand ils commencent à développé
des maladies qu’ils accourent vers nous. Je reçois très rarement des cas de
dépistage ou de traitement volontaire». Déplore-t-elle.





Parlant spécifiquement de la problématique liée au
faible niveau de fréquentation du service, par les jeunes filles travailleuses
de sexe, elle poursuit en ces termes.





« Parmi les cas d’infections sexuelles que nous recevons fréquemment, il y a très souvent des jeunes filles. Mais aucune d’entre elles, ne se présente à nous en que travailleuse ou professionnel de sexe. Elles préfèrent toujours dire qu’elles sont coiffeuses, couturières et autres. Toutefois, certaines pendant les consultations, nous disent qu’elles ne sont ni fiancées, ni mariées ni même en couple avec des garçons. Mais à vrai dire, à Kankan contrairement à d’autres ville, les gens ne s’intéressent pas trop au service de traitement des IST/VIH SIDA». A-t-elle ajouté.





Pas moins de 2700 personnes souffrent,
du VIH/SIDA dans la localité.





Cependant toujours, selon les précisions de Dr.
Sampou, 2700 patients voir plus, sont enregistrés malades du sida au compte de
l’hôpital régional de Kankan.





En attendant de trouver des solutions adéquates pour
booster l’affluence des citoyens vers les centres de dépistage et de traitement
des IST/SIDA à Kankan, Il est important de signaler qu’en cette période de fin
d’année, le risque d’infection est encore plus éminent.






Cheick-Sékou BERTHE pour
www.kababachir.com.