Cellou Dalein Diallo répond au gouvernement « la paix, on ne l’obtient pas par l’exhortation »

9-10-2019 News Le Djely

Manifestement, l’opposition guinéenne est bien décidée à mettre à exécution sa menace de manifestation pour le lundi prochain. En tout cas, ce mercredi 9 octobre, Cellou Dalein Diallo et ses camarades de l’opposition républicaines se sont retrouvés à Dixinn – chez Mamadou Sylla, le leader de l’UDG – pour parler du volet stratégique de l’organisation de la protestation. Et à l’occasion, le leader de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) a répondu d’une manière générale à ceux des partisans du pouvoir qui accusent le FNDC de vouloir perturber l’ordre public et menacer la paix. En particulier, par rapport à la sortie, le mardi 8 octobre, du général Bouréma Condé dans laquelle il met en garde les « fauteurs de troubles », Cellou Dalein Diallo répond en substance en paraphrasant l’ancien président ivoirien : « la paix n’est pas un vain mot, mais un comportement ».


De fait, pour le chef de file de l’opposition, il y a comme une contradiction dans la démarche du pouvoir. Celui-ci prétendrait en effet vouloir de la paix, alors qu’il est celui dont les actes menacent le plus la paix et la quiétude sociale. Et Cellou Dalein d’énumérer sous forme de questions tous les reproches qu’il fait aux autorités : « qui a refusé de mettre en place les chefs de quartiers et conseils régionaux alors que la loi le prescrit de manière claire et limpide ? Qui a refusé de mettre en place la Haute cour de justice ? Qui a refusé à ce que la CENI élabore un chronogramme réaliste et respectueux des délais opérationnels ? Qui a brimé les citoyens en refusant d’appliquer la loi ? ».


Pour ce qui est de la nouvelle constitution, au cœur d’un débat particulièrement houleux depuis des mois, le leader de l’UFDG en conteste la pertinence et l’opportunité. Mais là aussi, il emprunte la formule interrogative. « Quel est le motif pertinent qu’ils vous donnent ? Qu’est-ce qu’on reproche à la constitution ? », se demande-t-il avant de répondre lui-même : « il n’y a rien sauf qu’elle ne permet pas un troisième mandat». Le recours à une nouvelle constitution ne serait alors qu’une parade destinée à contourner les intangibilités qui, dans l’actuelle constitution, empêcheraient le chef de l’Etat de briguer un mandat supplémentaire.


Aussi, c’est tout naturellement que Cellou Dalein Diallo conclue : « la paix, on ne l’obtient pas par l’exhortation ». Celle-ci, selon lui, n’est qu’une suite logique du respect de la loi et de la reconnaissance du droit des autres. La crise en perspective lui paraissant inéluctable, le chef de l’Etat, faisant allusion au pouvoir et à ses partisans, rétorque alors : « ce sont eux qui sont à l’origine de la crise dans laquelle on va rentrer nécessairement. Ils ne peuvent pas continuer à violer le droit des autres, des partis politiques, des organisations de la société civile et des journalistes et dire que c’est lorsqu’on proteste contre la violation de ces droits, qu’on perturbe l’ordre public ».


La rédaction


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