AFRIQUE DU SUD : l’insoutenable attente

12-2-2018 News Le Djely

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Les Sud-africains n’en peuvent plus. Ils sont à bout. Epuisés par cette attente sans fin. Mais plus que tout, ils redoutent une déconvenue. Oui, personne dans le pays n’envisage un seul instant qu’après ce laborieux et haletant bras de fer entre l’ANC et Jacob Zuma, ce dernier puisse encore se maintenir à la tête du pays. Pourtant, les choses ne sont guère simples. Résilient et plutôt bon manœuvrier, le président n’abdique toujours pas. Ainsi, il a survécu à la réunion, hier, du Comité national exécutif du parti qu’on annonçait cruciale. De fait, sachant les marges de manœuvre et le temps très limités pour Cyril Ramaphosa, il en profite à fond et monte les enchères pendant qu’il est temps. Et pour le reste du continent, à quelques semaines d’intervalle, on revit le scénario à la Zimbabwe. Quand, dans ce pays limitrophe de l’Afrique du sud, le vieux Bob, quoique sachant la fin inéluctable, avait fait durer le suspense et exigé quelques garanties.




Le temps et les événements jouent de toute évidence contre Cyril Ramaphosa. Ces discussions qui trainent sont en effet de nature à écorner son image, à remettre en cause ses capacités de grand négociateur et à saper son autorité. Une mauvaise publicité dont il n’a certainement pas besoin dans l’optique de la succession de Jacob Zuma. Pour les Sud-africains eux-mêmes, ces laborieuses négociations s’apparentent à une forme de prison à ciel ouvert. Tout le monde est comme pris en otage par ce qui se passe. Le pays est en quelque sorte figé. Chacun, l’oreille tendue, attend la bonne nouvelle pour exploser de joie. Beaucoup voudraient aussi que le pays en finisse avec tous ces atermoiements pour leur permettre de reprendre une vie normale et de se livrer à leurs activités ordinaires, en toute sérénité. Mais alors qu’il avait lui-même poussé son prédécesseur vers la sortie, le président Zuma s’obstine à jouer les prolongations. Et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il a jusqu’ici pas mal réussi.



Il semble que les discussions achoppent surtout sur les requêtes d’immunité et de frais de justice formulées par le chef de l’Etat. Sachant toutes les casseroles qu’il traine dans son sillage, il voudrait s’offrir une assurance contre les risques de poursuites judiciaires. Des requêtes que le nouveau patron de l’ANC ne peut cependant pas satisfaire, sans se mouiller. Il y laisserait la crédibilité et l’espoir que ces compatriotes lui ont témoignés en lui confiant les rênes du parti fondé par Nelson Mandela. Par ailleurs, pour engranger les bénéfices politiques d’une succession en douceur, Cyril Ramaposa devra veiller à ce que ce ne soit ni une procédure de défiance, ni celle d’une destitution qui fasse partir Jacob Zuma. Une démission même forcée ferait l’affaire, soit dit en passant. Encore que cette dernière ne doit plus tarder.


Boubacar Sanso Barry


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