Trump et les ‘’Pays de merde’’ : Alpha, Washington n’est pas Paris !

13-1-2018 News Kababachir

Dès que Macron a ouvert la bouche pour lier démographie et pauvreté, notamment au Niger, Alpha Condé s’est empressé pour répliquer. La suite on la connait. Chacun des deux a affiché sourire jaune et se sont tapotés sur les épaules. Quelques semaines après, c’est le tour de Trump d’aller trop loin : Alpha Condé et ses pairs ont été vus par Trump comme étant ceux qui «ne se soucient pas du peuple. »


Au moment même où Alpha Condé plaide pour une ‘’autonomie politique et une gestion indépendante de l’Afrique’’, Trump se déchaîne, raille et met tout le monde dans le même panier.« Ces dirigeants veulent simplement avoir toute la liberté d’opprimer leurs propres peuples. Ils veulent que personne ne leur pose la question», disait-il. Alpha Condé en personne devrait avoir le hoquet persistant en suivant une telle déclaration franche du président américain. Et Trump ne s’est pas limité là. Il enchaîne : « Ils sont trop gourmands et ne se soucient pas du peuple. Ce qui les intéresse, c’est d’accumuler la richesse des contribuables. » Et de conclure : « Ils manquent de discipline et de cœur. » En sa qualité de président de l’UA, Alpha Condé n’a jusque-là jamais pipé mot.


Trump revient à la charge, cette fois-ci en dénonçant ce qu’il appelle ‘’Pays de merde’’. Alpha Condé est resté muet comme une carpe, alors que Dakar et certains pays africains ont fait du bruit ne serait-ce que pour désapprouver la déclaration choquante et raciste du président américain. On comprend quand même que Washington n’est pas Paris.  Macron n’est pas Trump. Si l’un parle de démographie, l’autre met le pied dans le plat et évoque des présidents africains affamés du pouvoir et des richesses amassées sur le dos des pauvres populations. Les deux Occidentaux ne jouent pas sur le même tableau. Alpha Condé ne dira pas le contraire. Lui qui veut une certaine légitimité pour malmener la Constitution entend marcher sur des œufs et convaincre Trump de sa démarche à vouloir changer la Constitution.


Le ton est donné en menaçant les diplomates à Conakry : « L’avis de la communauté internationale dans la gestion de la Guinée ne me fait ni chaud ni froid. Quiconque, n’importe quel diplomate qui se hasarde à se mêler des affaires de la Guinée, prendra son avion le lendemain pour quitter la Guinée. Moi je suis élu par les Guinéens et non par des occidentaux. »


Tout le monde l’attend au tournent…


Jeanne Fofana, Kababachir.com