Panafricanisme outrancier : Condé a déjà abrégé sa vie politique ?

13-1-2018 News Kababachir

Si c’est une bourde, elle est bien préjudiciable dans les relations diplomatiques. Si c’est une menace, elle risque de donner un sérieux coup dur entre Conakry et les ambassades occidentales. Et mieux, les répercussions pourraient bien désavantager Alpha Condé.


Le président guinéen s’est en effet attaqué avec véhémence aux diplomates occidentaux, alors qu’il les rencontrait à l’occasion du nouvel an. Une levée de boucliers s’est emparée des convives restés muets mais pensant loin. Pour bien d’entre eux,  Condé a déjà abrégé sa vie politique, surtout qu’il veut tenter un 3è mandat en forçant la Constitution. Une option qui agace Paris, Washington, Berlin, l’UE, etc.


Si Paris déclare la fin de la Françafrique et dit que les Africains peuvent choisir le mode de gouvernance qu’ils veulent, Washington n’est pas du même avis. « Ces dirigeants veulent simplement avoir toute la liberté d’opprimer leurs propres peuples. Ils veulent que personne ne leur pose la question», disait récemment Trump. Alpha Condé en personne devrait avoir le hoquet persistant en suivant une telle déclaration franche du président américain. Et Trump ne s’est pas limité là. Il enchaîne : « Ils sont trop gourmands et ne se soucient pas du peuple. Ce qui les intéresse, c’est d’accumuler la richesse des contribuables. » Et de conclure : « Ils manquent de discipline et de cœur. » Alpha Condé sait de quoi parle Trump.


Mais, très nombriliste, le président guinéen ne semble point s’émouvoir : « L’avis de la communauté internationale dans la gestion de la Guinée ne me fait ni chaud ni froid. Quiconque, n’importe quel diplomate qui se hasarde à se mêler des affaires de la Guinée, prendra son avion le lendemain pour quitter la Guinée. Moi je suis élu par les Guinéens et non par des occidentaux. »


Cette déclaration est actuellement décryptée, analysée dans toutes les grandes ambassades occidentales, lesquelles, faut-il le rappeler avaient bel et bien soutenu le candidat Condé, opposant historique d’alors, mais devenu gênant, sénile et maladroit. Le tout comblé par des allures de despote. De quoi inquiéter.


Aux dernières nouvelles, des émissaires parcourent les représentations diplomatiques accrédités à Conakry pour recadrer le discours du locataire de Sékhoutouréya, le panafricaniste outrancier. 2020 c’est déjà demain.  Cette échéance ne saurait être comme celle de 2010 qui avait fait mordre la poussière au candidat du RPG au bénéfice de l’UFR de Sydia Touré. Seulement, cette même communauté internationale, avec le truchement de certains cadres de l’époque, Alpha Condé bouscule l’UFR, plonge l’UFDG et se hisse au toit de la Guinée. Dix ans après, on découvre l’homme : ingrat, arrogant et méprisant. Tant avec ceux l’ont accompagné au niveau du RPG que de ceux qui lui ont facilité la tâche. Jugez-en !


 


Jeanne Fofana, Kababachir.com