Le ministre de l’Énergie fait le point sur la situation du délestage électrique

9-1-2018 News Kababachir

Face à la dégradation de la desserte d’électricité ce dernier temps, le ministre de l’Énergie et de l’Hydraulique et l’administrateur de l’Électricité de Guinée  ont conjointement animé une conférence de presse, lundi dans les locaux du département.


Objectif, éclairer la lanterne des uns et des autres sur les raisons de ce délestage électrique pendant cette période d’étiage.


Après un rappel historique sur la situation des barrages hydroélectriques et les centrales thermiques de la Guinée depuis l’indépendance, Taliby Sylla, a fait le point sur la situation du délestage électrique et les difficultés auxquelles, la Guinéenne de l’Électricité est confrontée en cette période où la rareté d’eau au barrage Kaléta reste une grande préoccupation.


‘’Aujourd’hui, nous constatons une forte perturbation dans la desserte en énergie  électrique du réseau interconnecté’’ a entamé le Chef du département de l’Énergie et de l’Hydraulique.


Selon Taliby Sylla, 70% de la consommation énergétique provient des centrales hydro-électriques et 30% des centrales thermiques.


Or, poursuit-il, en cette période d’étiage, ‘’Kaléta ne produit que 33 mégawatts sur les 240’’. Ce qui crée un déficit énergétique qu’il convient de combler à travers les centrales thermiques dont le coût du carburant reste encore très élevé.


‘’Garafifi a une retenue d’eau, mais kaléta n’en a pas’’, rappelle le ministre de l’Energie. Parce que, explique-t-il,  ‘’Kaléta est à 110 mètres de la côte. Vous descendez à 108, vous créez ce qu’on appelle la cavitation. Ceux qui sont des techniciens de la chose savent de quoi je parle. Dès que la cavitation est créée, c’est le moteur qui s’arrête, c’est foutu. Donc on ne peut pas turbiner plus qu’il n’en faut’’, prévient-il.


Malgré cette difficulté, précise le ministre, il y a des branchements clandestins : ‘’ Sur 100 clients, 50 sont clandestins. Sur les 50 clients facturés, seulement 40 payent leurs factures’’, a fait remarquer Taliby Sylla.


De son côté, l’Administrateur d’EDG,  a expliqué les difficultés financières aux quelles la Société est confrontée aujourd’hui.


Selon Abendi Attou, ‘’ 90 % des charges de la guinéenne d’électricité sont consacrées à l’achat du carburant et les 10% aux charges d’exploitation’’


Mais ce n’est pas tout ! L’entreprise est obligée de vendre l’énergie à un prix inférieur  coût de revient, donc à perte, parce que c’est un secteur réglementé. La différence est toujours subventionnée par l’Etat.


En plus, la guinéenne électricité dispose  des créances d’environs 330 milliards de francs guinéens, qui sont en impayé et c’est l’Etat guinéen qui subventionne l’entreprise en vue de faire face aux difficultés.


Avant de terminer, le ministre de l’Énergie a promis que pour pallier à cette difficulté, la centrale thermique de Kaloum 3 verra bientôt le jour, ceci, pour améliorer la desserte d’électricité en cette période d’étiage.


Abdoul Wahab Barry, Kababachir.com