PSA installe une nouvelle usine en Algérie

13-11-2017 News Kababachir


La stratégie d’expansion du groupe PSA dans la région Afrique-Moyen-Orient se dessine. Le groupe français a conclu dimanche un accord de coentreprise à Alger avec trois partenaires algériens afin de produire dès 2018 des véhicules dans le pays. Les ministres des Affaires étrangères et de l’Économie, Jean-Yves Le Drian et Bruno Le Maire, ont paraphé cet accord, au même titre qu’Abdelkader Messahel, ministre des Affaires étrangères algérien, et que le ministre de l’Industrie Youcef Yousfi, au terme d’un processus de deux ans de négociations.


Les premiers véhicules sortiront dès l’an prochain d’une nouvelle usine, installée dans la banlieue d’Oran (400 kilomètres à l’ouest d’Alger). « L’objectif est d’avoir un site totalement opérationnel en 2019 », a déclaré Jean-Christophe Quemard, directeur de la région Moyen-Orient et Afrique de PSA. D’ici cinq ans, 75 000 véhicules des marques Peugeot et Citroën devraient sortir chaque année des chaînes de montage, a-t-il indiqué, sans vouloir préciser dans l’immédiat quels modèles y seraient produits. Le site devrait permettre « dans un premier temps » la création de 1 000 emplois directs et de nombreux emplois indirects en Algérie.


Un investissement de 100 millions d’euros


L’investissement total est de l’ordre de 100 millions d’euros pour la coentreprise, détenue à 49 % par PSA. Les 51 % restants sont répartis entre trois sociétés algériennes. Les entreprises étrangères ne peuvent investir en Algérie sans être associées avec un ou plusieurs partenaires locaux détenant la majorité des actions. PSA « veut mettre en place (…) un véritable écosystème » local, notamment par le développement d’une industrie locale en incitant les sous-traitants français à conclure des partenariats en Algérie, a expliqué Jean-Christophe Quemard. Un centre de formation pour « développer des compétences spécifiques à l’industrie automobile » est également prévu. PSA ambitionne de vendre 700 000 véhicules par an d’ici 2021 dans la région Afrique-Moyen-Orient et 1 million d’ici 2025.


L’industrie automobile algérienne est née en 2012 d’un partenariat entre les autorités et Renault qui a ouvert fin 2014 la première usine automobile « made in Algeria ». Cette filière est devenue une priorité pour Alger, confronté depuis mi-2014 à la chute des prix du pétrole, source de 95 % des devises du pays, et les autorités ont contraint les concessionnaires à se doter d’une unité de production locale pour réduire la facture des importations. Mais en juillet, le prédécesseur de Youcef Yousfi, Mahdjoub Bedda, avait dressé un bilan catastrophique de l’industrie automobile locale. Il avait dénoncé des « importations déguisées » de véhicules en pièces détachées, simplement assemblés dans certaines usines.