SOMMET DE BRAZZAVILLE SUR LA LIBYE : L’Union Africaine plaide pour un dialogue politique inclusif entre libyens

Des mots prononcés par le président en exercice de l’Union Africaine et le représentant de la présidente de la commission de l’organisation continentale pour inviter l’ensemble du peuple libyen au sursaut patriotique.

Idriss Deby Itno, président en exercice de l’Union a rappelé les décisions prises à Addis-Abeba, le 8 novembre de l’année écoulée. « Il y a deux mois à Addis-Abeba les chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union Africaine jetaient les bases d’exploration des voies et moyens permettant d’aider nos frères libyens à sortir efficacement de la profonde crise, dans laquelle se trouve plonger leur pays. » rappelait le tchadien à la tribune de cette réunion de Brazzaville.

Pour l’essentiel, le sommet de Brazzaville devrait permettre, au comité de haut niveau de l’Union Africaine sur la Libye d’actionner la feuille de route, en vue de mener des actions coordonnées et harmoniser dans la perspective d’une solution négociée à cette crise qui a trop durée.

L’urgence en faveur de cette solution négociée fait du dialogue inclusive un passage obligé. « Tous reconnaissent que la solution pérenne et durable à cette crise passe par le dialogue te concertation inclusive. » a dit le président Idriss Deby, avant d’ajouter que : « La tenue d’un dialogue inclusive, qui rassemble toutes les fractions libyennes est à cet égard un impératif. Toutes les parties, sans exception aucune doivent accepter de se retrouver autour d’une table, discuter de manière franche, sincère et loyale de l’avenir de leur pays. »

Fort de cette exigence, les participants à ces assises ont formulé le vœu de voir ce sommet aboutir à des conclusions consensuelles à la hauteur des responsabilités de l’organisation panafricaine, afin d’être réellement aux cotés du peuple frère de Libye.

C’est ainsi qu’Ismail CHERGUI, commissaire paix et sécurité de la commission de l’Union Africaine, représentant la présidente de la commission de l’organisation régionale, qui intervenait en premier, a soutenu l’idée selon laquelle « L’union africaine reste convaincue qu’il n’y a pas de solution militaire à la crise libyenne. » S’appuyant sur les conclusions d’Addis-Abeba, il a réitérer l’impératif actuel, qui recommande la finalisation des modalités nécessaires à l’organisation d’une réunion des parties prenantes à la crise libyenne, de discuter de la question de la réconciliation nationale, conformément à la conférence de Kigali de juillet 2016.

Le sommet de Brazzaville, a poursuivi le représentant de la présidente de la commission de l’Union Africaine, sera une contribution « importante au retour de la paix, de la sécurité et de la concorde dans ce pays de l’Union Africaine »

Brazzaville devrait constituer une avancée significative à l’organisation de ce dialogue entre libyens, voulu inclusive. Aussi le Congolais Denis Sassou-N’Guesso, ouvrant les travaux desdites assises, en sa qualité de président du comité, a précisé que « la présente rencontre devrait nous permettre de fixer notre feuille de route, pour une exécution harmonieuse de notre mandat. »

Denis Sassou-N’Guesso assigne trois missions à la réunion de Brazzaville. Il s’agira d’initier des missions d’information et de mobilisation pour obtenir l’adhésion de toutes les  parties prenantes libyennes à l’action du Comité et de la Troïka; d’engager des consultations avec les partenaires bilatéraux et multilatéraux et de préparer et organiser la réunion de réconciliation nationale entre les Libyens.

C’est autant dire que les pays limitrophes de la Lybie et l’Union Africaine continuent à appuyer sans relâche les efforts visant à réconcilier le, peuple libyen. Des efforts qui se traduisent par la création du  groupe international de contact sur la crise libyenne et l’institution de la réunion des ministres des affaires étrangères des pays voisins et la désignation d’un envoyé spécial de l’Union pour la Libye.

Et « la mission assurément difficile et délicate confiée au président Denis Sassou-N’Guesso participe de cette dynamique de recherche de la paix et d’unité dans ce pays. » Pouvait marteler le président en exercice de l’Union Africaine, Idriss Deby.

Somme toute, tous les intervenants se sont accordés à dire que l’ampleur de cette crise commande une solution urgente. Il est, alors, de la responsabilité des acteurs politiques libyens de préserver l’unité, l’intégrité territoriale et la cohésion du pays. Toutes les parties prenantes doivent privilégier l’intérêt supérieur de leur pays, en dernière instance, faire triompher l’idéal de l’unité nationale.

MIATOLOKA Boryce Agapyth pour GCI
Correspondant particulier de GCI au Congo