Aly Touré, substitut du Procureur de Mafanco, explique les contraintes de la justice sur les mutilations génitales féminines (interview)

Malgré son interdiction, ses effets néfastes, l’excision continue d’être pratiquée en Guinée. Aly Touré, Substitut du procureur du Tribunal de première instance de Conakry II (Mafanco), explique les peines prévues contre les personnes impliquées dans les mutilations génitales féminines, mais aussi les contraintes qui pèsent sur les magistrats chargés d’appliquer la loi. Guineenews : Beaucoup de jeunes filles sont victimes d’excision. Qu’est-ce la loi a prévu contre cette pratique ? Aly Touré : D’abord, il faut savoir que l’excision est une pratique que les gens ont coutume de faire chez nous. Et depuis longtemps, ils ont considéré que cette pratique est un fait normal de société. Alors, puisqu’on a vu les conséquences néfastes, négatives de ces genres de pratiques, le législateur guinéen a entendu sanctionner cette pratique. Le code ne dit pas exactement l’excision, mais il étend ces pratiques à toutes formes de mutilations génitales exercées sur la personne d’une fille. Quand c’est comme ça, le législateur guinéen a entendu parler de mutilations génitales toute ablation d’un organe de quelque nature que ce...